Dès la fin des années 90, Louis Winsberg songeait à mélanger jazz et musiques traditionnnelles, et plus particulièrement vu son parcours Jazz et Flamenco.
Il créé un véritable laboratoire en se produisant au Sunset ou au Baiser Salé avec des formations d’un soir composées de ce qu’il appelle « Les musiciens voyageurs ». Ces concerts prennent le nom générique de Winsberg World Work en clin d’oeil au reseau mondial.
Quelques musiciens reviennent plus souvent : les guitaristes Jean-Christophe Maillard et Jean-Baptiste Marino venus d’univers si différents, la route des Gitans des Indes à l’Europe le fascine, il invite la tablaiste Nantha Kumar découvert en tournée avec Sixun. Norbert Lucarain le vibraphoniste est de la partie ainsi qu’un chanteur de flamenco atypique José Montéalegre.
Très intéressé par ce travail le musicien producteur Gerard Dahan propose à la Scène Nationale de Valenciennes d’accueillir le projet en résidence. Lew Bogdan le directeur et Patricia Gorka la secrétaire générale acceptent et JALEO (qui s’appelle encore « Gitano ») débarque à Valenciennes et investit Le Phenix pour quelques semaines le 14 Fevrier 2000.
Pour compléter la formation Miguel Sanchez au cajon et la jeune danseuse et chanteuse Isabel Pelaez se joignent aux musiciens déjà cités, ainsi que l’ingénieur du son Tristan Devaux.
La création a lieu le 30 Mars 2000 au Studio du Phenix de Valenciennes. Et même si le projet n’est pas encore complètement abouti, tous les proches de Louis savent que JALEO ira loin. François Peyratout, son producteur, parle même après le concert de faire le tour du monde!
L’enregistrement du disque est déjà programmé, il débutera le 10 Avril 2000 au défunt Studio de la Colline à Boulbon. le
La prise de son est assurée par Vincent Rame, Tristan Devaux viendra l’épauler pour le mixage. Ils seront en dix ans de tournées le son de Jaleo avec également Emmanuel Humeau.
On ne parle pas encore de crise du disque mais les places sont chères, les désillusions nombreuses. Le disque est prêt mais en panne de maison de disques. Mais fin 2000, Daniel Richard, directeur d’Universal Jazz appelle et propose de sortir le Cd avec le label Emarcy. Il sortira début 2001.
Les concerts s’enchainent. En Juillet 2001 pour les flaneries de Reims, Louis demande au luthier Hervé Prudent de lui fabriquer un plancher de danse avec une interface midi, afin qu'Isabel puisse piloter des sons avec sa danse. La puissance de ses coups de talons auront raison de l’invention… le plancher ne donnant pas les résultats escomptés, on le démonta et on trouvera les capteurs réduits en miette sous la pression de la danseuse, malgré les 22mm d’épaisseur de bois !
A la fin de l’année 2001, JALEO fait un de ses plus beaux concerts dans un Café de la Danse archi-comble.
En 2002 et 2003, JALEO s’exporte : Reunion, Burkina, Maroc, Espagne (superbe concert au Clamores à Madrid dans lequel Ruben Dantas viendra jouer avec eux) Belgique, Grèce…et à l’été 2003, le festival de Montréal puis New York et La Nouvelle Orléans. Le spectacle surprend et enflamme partout où il passe.
En France JALEO fait le tour des Théâtres, Scènes Nationales, Festivals de Jazz. (mais pas les festivals de flamenco…..)
Octobre 2003 , Jean-Marc Pailhole accueille JALEO pour préparer et créer « Le Bal des Suds », le nouveau spectacle de JALEO à l’Usine à Istres. A la fin de l’année, les bases du nouveau CD sont enregistrées. Perfectionniste Louis Winsberg refera presque toutes les pistes au cours de l’année 2004 dans son studio à Eygalières.
Cette fois la crise du disque est bien là et François Peyratout décide de monter son propre label pour sortir le CD, devant les hésitations des maisons de disque en place. Le Bal des Suds sera le premier Cd du label e-motive records, sorti début 2005.
Cette année là, JALEO croisera la route des Gnawas à Essaouira, celle de Tomatito à Patrimonio, après avoir croisé celle de Duquende à Tourcoing. Même le milieu de la chanson est conquis, Michel Fugain puis Maurane demandent à enregistrer quelques titres avec les musiciens de JALEO.
Le succès ne se dément pas au fil des années, JALEO continue ses voyages : Algerie, Portugal, Pologne, Corée... sans négliger l’Hexagone , théâtres, festivals et même parfois clubs. Les musiciens aiment bien être proche les uns des autres sur scène.
Après dix ans de tournées; l’énergie du début est toujours la même aujourd’hui, renforcée par l’arrivée de quelques jeunes musiciens Sabrina Romero à la danse et au chant, Antonio El Titi à la guitare flamenco, Cedric Baud au saz.
La belle histoire de JALEO n’est pas finie... ce spectacle restera toujours comme un fil rouge dans la carrière de Louis Winsberg

Avant la création de Jaleo au Phenix de Valenciennes, en mars 2000, j’envisageais d’appeler le spectacle « les routes du flamenco ».
Ces routes, nous les avons sillonnées durant ces trois dernières années, en créant des ponts entre tous les univers réunis dans ce combo si particulier.
Non seulement des ponts entre le Jazz, le Flamenco et la Musique Indienne mais aussi entre le chant, la danse et la musique…
Quand j’ai récemment abordé l’écriture d’un nouveau spectacle, j’ai eu le sentiment que ces ponts et ces routes nous avaient emmenés vers un endroit bien à nous, une terre vierge, que nous pourrions travailler ensemble afin de développer toutes les richesses d’un tel voyage musical, artistique et avant tout humain.
Sur une terre vierge tout est possible… tout ce qui reste quand on a tout oublié.
Ici, tout sera permis, d’un fandango funky à une soléa free, d’une techno parade Tamoul à un ragga andalou en passant par des Zappateados electro…et aussi le travail sur le « Jaleo », cette discipline vocale qui scande, qui rythme, qui pousse à l’incandescence.
Louis Winsberg, Mai 2003
Crédits photos :
Jaleo2001 au Theatre de Colombes par Jean-Paul Bellanger
Jaleo 2003 au Theatre de Coutances par Francis Guerrier
Jaleo 2011 au Percfest à Laigueglia - Italie par Albenga Corsara